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Historique de la protection du climat et des négociations climatiques internationales

Illustration conférence Climat Photo de Siavosh Hosseini sur Unsplash

Planète

Historique de la protection du climat et des négociations climatiques internationales

Par la rédaction

Le 22/03/2020 et modifié le 19/05/2021

C'est en 1979, à l'ouverture de la première conférence mondiale sur le climat que le débat sur le changement climatique aggravé par les activités anthropiques (dont l’Homme est la cause)  a été abordé.

Diverses conférences internationales ont ensuite eu lieu en vue trouver des solutions aux plus grands problèmes environnementaux, dont la plus récente est la COP 25 de Santiago en 2019.

La COP, de quoi s'agit-il ?

La COP ou Conférence des Parties est une assemblée mondiale au cours de laquelle les États ayant signé la CCNUCC – la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques – ainsi que d'autres acteurs du développement durable se réunissent pour traiter les différents problèmes liés au climat. Ces négociations climatiques sont menées pour mettre en place des actions concrètes contre le réchauffement climatique à l'échelle mondiale.

L'objectif principal est avant tout de trouver des solutions destinées à maîtriser les émissions de gaz à effet de serre d'origine anthropique, responsable du dérèglement climatique. Chaque Conférence des Parties permet aux négociateurs de faire le point sur l'évolution des engagements et de négocier de nouveaux accords afin d'atteindre leurs objectifs.

 

Les différentes conférences internationales

Chaque année, une COP est organisée en vue de prévoir les changements climatiques anthropiques et d'agir en conséquence. Pendant deux semaines, les 195 pays signataires de la Convention débattent sur l'évolution du climat et adoptent des décisions visant à maintenir la stabilité des GES émis dans l'atmosphère et diminuer les émissions annuelles.

La première négociation climatique s'est tenue à Genève en 1979 par l'Organisation Météorologique Mondiale et le Programme des Nations-Unies pour l'Environnement afin de traiter les problèmes environnementaux internationaux. La communauté scientifique y déclare son inquiétude sur l'effet à long terme des émissions des CO2 et encourage les dirigeants à prendre des mesures. Cette conférence a conduit à la mise en place du Programme climatique mondial dédié à mieux comprendre le système climatique. Depuis, d'autres conférences traitant des enjeux environnementaux ont été organisées, dont certaines ayant abouti à des accords fructueux tels que :

La Création du GIEC en 1988

Créé par l'ONU et le PNUE, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat a pour mission de suivre l'évolution du climat. Cette organisation publie chaque année des rapports d'évaluation, dont le premier publié en 1990 confirme que les émissions de GES des activités humaines sont la principale cause du réchauffement climatique.

Le Sommet de la Terre de Rio en 1992

C'est lors de la troisième Sommet de la Terre qui s'est tenue à Rio de Janeiro que la Convention-cadre sur les changements climatiques a été adoptée. Entrée en vigueur en 1994, cette convention reconnaît officiellement l'existence du réchauffement climatique et les causes liées aux émissions de gaz des activités humaines. Durant la négociation, la CCNUCC impose aux pays développés de réduire leurs émissions de - 5 % en moyenne pour stabiliser la concentration de GES dans l'atmosphère.

 

Optimisme animé par la COP 1 de Berlin en 1995

Suite au sommet de la terre de Rio et à la Convention Cadre des Nations-Unies sur les Changements Climatiques, beaucoup reconnaissent l’insuffisance des mesures destinées à limiter les émissions de GES. La COP 1 organisée en Allemagne mandate ainsi un groupe de travail pour imaginer des résolutions plus contraignantes appliquées à l’horizon 2000.

 

Le Protocole de Kyoto en 1997

Adopté lors de la COP3 et entré en vigueur en 2005, le Protocole de Kyoto a pour ambition principale de réduire les émissions de GES globales de 5 % par rapport au niveau relevé en 1990. Cet accord impose alors aux nations développées de diminuer leurs émissions de - 8 % à - 10 % et aux pays en développement d'effectuer un inventaire d'émissions polluantes.

La Conférence des Parties de Kyoto reste dans les mémoires avec l’apparition du Protocole instaurant des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les pays les plus industrialisés, un premier grand pas dans les actions mondiales pour le climat. Cette convention est malheureusement peu contraignante, et certains États tardent à la signer et d’autres à la mettre en application.

Entré en vigueur en 2002, puis officiellement ratifié en 2005 lors de la COP 11 de Montréal, le Protocole de Kyoto connaît finalement un demi-succès, car plusieurs États refusent d’y donner suite. Dès lors, au cours des COP suivantes, les participants fixent comme un des objectifs de trouver des mécanismes pour que les parties signataires des conventions soient contraintes à appliquer leurs engagements.

 

Echec de la COP 15 de Copenhague en 2009

Alors que le Protocole de Kyoto est opérationnel de 2005 à 2012, beaucoup d’acteurs songent déjà en 2009 à préparer l’après-Kyoto. La COP 15 de Copenhague est ainsi une nouvelle opportunité pour les parties d’imaginer un nouvel accord, attendu donc comme décisif pour le climat. En matière d’engagements, aucune résolution contraignante et donc satisfaisante n’apparaît pourtant suite à la COP de Copenhague, même si les participants reconnaissent unanimement qu’il est indispensable de limiter le réchauffement à 2 °C en 2100.

 

 

La COP21 à Paris en 2015

Cette négociation a notamment abouti à un accord universel entre 195 pays dont l'objectif est de contenir le réchauffement climatique à 2°C par rapport à l'ère préindustrielle d’ici à 2100. Cet accord historique prévoit notamment de faire chuter les émissions de gaz à effet de serre pour limiter l'augmentation des températures à 1,5°C.

La signature de l’Accord de Paris est un événement marquant dans l’histoire de la protection du climat et des négociations climatiques internationales. Cette convention inédite matérialise l’engagement des signataires dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Les CDN, un « agenda » national des actions climatiques

Si l’Accord de Paris de 2015 est l’engagement multilatéral des 195 pays signataires, les Contributions déterminées au niveau national ou CDN sont ses principales mises en application. Ces CDN permettent à chaque pays de réaliser ses objectifs dans le but de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre.

L’article 4 de l’Accord de Paris réclame alors à chaque partie signataire d’élaborer, de divulguer et de mettre périodiquement à jour les contributions qu’elle compte réaliser à travers les CDN. 

Le cumul de ces actions climatiques nationales devrait permettre à l’ensemble de la planète d’atteindre les objectifs de plafonnement mondial des émissions de gaz à effet de serre.

Les négociations climatiques internationales sont l'occasion pour les différents États de réorienter leurs décisions pour limiter l'impact du réchauffement climatique.

Conférence de la dernière chance : c’est bien avec une telle expression que beaucoup qualifient la poursuite des réunions internationales pour le climat à l’aube de l’organisation de la COP 21. L’évolution des négociations mondiales sur les actions climatiques ayant en effet essuyé des échecs répétés, la réunion de Paris est aux yeux de tous une nouvelle conférence décisive.

Plus de 150 chefs d’État sont présents du 30 novembre au 12 décembre 2015 à Paris dans le cadre de l’événement dont la ligne directrice est de maintenir le réchauffement climatique à la fin du siècle à 1,5 °C.

Les représentants de 195 pays participants à la COP 21 donnent leur accord à la mise en place d’une nouvelle convention : l’accord de Paris. Ce nouvel accord note d’immenses progrès par rapport aux conventions précédentes :

- il requiert la présentation détaillée des actions concrètes permettant aux parties prenantes d’atteindre les objectifs fixés.

- il engage tous les États signataires à considérer comme prioritaire la poursuite des actions climatiques selon les termes de l’accord.

 

L’accord de Paris, convention universelle sur le climat

Dans la pratique, la mise en œuvre de l’accord de Paris appelle à une transformation économique et sociale globale de la société, en tenant compte des enjeux environnementaux grâce à l’exploitation des données scientifiques disponibles.

Des cycles d’actions climatiques courant sur un délai de 5 ans sont ainsi considérés pour l’application de l’accord de Paris. L’objectif de neutralité carbone est également initié, appelant les signataires à rechercher l’équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre et la compensation assurée par les réservoirs de carbone.

Chaque État signataire est alors dans l’obligation de soumettre pour chaque cycle un bilan des mesures engagées ainsi qu’un plan d’action appelé Contributions déterminées au niveau national ou CDN. Les signataires détaillent dans leur CDN les stratégies et les mesures qu’ils vont prendre au niveau national pour limiter les émissions de carbone.

L’esprit de solidarité et d’entraide accompagnant l’accord de Paris exprime également son universalité. La convention réitère le rôle des pays développés à rester aux côtés des nations vulnérables du point de vue économique et/ou environnemental en leur apportant une aide financière. Les engagements de l’accord de Paris sont ainsi assortis de la mise en place de fonds de financement divers et variés, dont le déblocage annuel d’environ 100 milliards de dollars en guise de dotation pour les pays les plus démunis afin de les aider dans la lutte contre le changement climatique.

Même s’il est réputé contraignant, des critiques sont en effet présentées sur le manque de sanctions ou de mécanisme coercitif prévu par l’accord.

D’autres pointent du doigt l’absence de mentions spécifiques concernant l’exploitation du charbon ou du pétrole, des sources d’énergie pourtant hautement polluantes. Un an après la mise en vigueur de l’accord, le virage pris par les États-Unis qui dénoncent la convention est même considéré comme une nouvelle étape susceptible de le mener à un nouvel échec.

 

La COP 25 : Madrid décembre 2019

ou la 25e conférence des Nations Unies sur les changements climatiques a eu lieu à Madrid 

La Cop 26  : Glasgow Novembre 2021

La Conférence de Glasgow, prochain rendez-vous majeur pour le climat

La COP 26 de Glasgow apparaît donc comme une nouvelle échéance très importante pour la poursuite des actions. L’ONU annonce d’ores et déjà qu’une nouvelle évaluation des CDN est prévue avant l’événement. Hormis les pays qui vont présenter la mise à jour de leurs objectifs climatiques avant la COP 26, les yeux des observateurs sont également fixés sur les États-Unis et la Chine, deux poids lourds des émissions de carbone dans le monde.

Elle se tiendra à Glasgow en Ecosse du 1er au 12 novembre 2021 (suite à un repport d'un an en raison du Covid 19).

 

L’ONU appelle les Etats à soutenir davantage la relance verte

Lors de la publication de son rapport annuel (decembre 2020) intitulé « Emission Gap Report », le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) alerte sur la nécessité de renforcer les plans de relance verte. Sans intervention des gouvernements, l’actuelle courbe du réchauffement climatique ne baissera pas.

 

Une tendance haussière supérieure aux projections de la COP21

Le document « Emission Gap Report » du PNUE scrute chaque année l’évolution de l’écart entre les émissions réelles de gaz à effet de serre et les objectifs de réductions annuelles, fixés lors des différentes COP. 

En 2020, le confinement généralisé dû à la pandémie a entraîné une baisse significative des émissions mondiales de GES avec un recul estimé à 7 % selon le rapport. Cette régression aura toutefois peu d’impact sur le ralentissement du réchauffement climatique. En effet, les impacts bénéfiques de l’arrêt d’une partie des transports, routier et aérien, l’interruption de la production industrielle et la mise au pas de l’ensemble de l’économie mondiale restent insuffisants. 

L’année 2020 a été ainsi l’une des plus chaudes de l’histoire récente. Au rythme actuel, le réchauffement climatique atteindra +3,2 °C en 2100, soit bien au-dessus des 2°C fixés lors de la COP21 de Paris.

 

L’ONU appelle les États à renforcer leurs engagements

Le PNUE pointe aussi du doigt l’inadéquation des Contributions Nationales Déterminées, ces engagements pris par les États signataires de l’Accord de Paris. Même si plusieurs nations ont consenti à d’importants investissements dans les énergies renouvelables, notamment dans le domaine du transport, du logement et de la production d’électricité, ces actions sont toutefois insuffisantes, selon le rapport du PNUE. 

La situation est telle qu’Inger Andersen, le directeur exécutif de l’organisme, demande aux États de tripler leurs engagements en faveur de la réduction de GES pour limiter la hausse des températures à moins de 2 degrés. Et il faudrait quintupler les efforts pour obtenir une hausse maximale de 1,5 degré.

 

Adopter de nouveaux modes de consommation

Les consommateurs ont aussi leur part de responsabilité dans l’atteinte des objectifs environnementaux fixés par le PNUE. Vu les effets du modèle actuel d’hyperconsommation, la planète a besoin d’une société plus consciente des enjeux écologiques et climatiques, et plus respectueuse de l’environnement

Les Nations Unies souhaitent ainsi une plus grande responsabilisation des citoyens de la part des gouvernements, par la mise en place de réglementations favorisant l’efficacité énergétique.

La lutte contre le gaspillage alimentaire et la diminution de l’empreinte carbone de tous les consommateurs, en particulier dans le domaine du transport sont également un enjeu. Le PNUE appelle aussi à la prise de conscience des 1% les plus riches, dont les émissions en GES sont comparables à celles des 50 % les plus pauvres. Pour cette minorité, l’organisme demande un effort plus conséquent afin de diviser par trois leur empreinte carbone. 

Sans une concession de leur part, et sans la collaboration des plus grands pollueurs, comme les États-Unis, la Chine et l’Union Européenne, les objectifs des Accords de Paris ont peu de chance d’être atteints en 2030.

 

Réinitialiser et réformer l’économie mondiale

Selon le PNUE, la crise actuelle offrirait aux États le parfait contexte pour changer leur fusil d’épaule et investir beaucoup plus dans des plans de relance verte. A l’heure où l’économie mondiale souffre encore des conséquences de la pandémie, les gouvernements ont la possibilité d’initier une reprise où le volet environnemental et climatique occupe une place prioritaire. 

Les suggestions d’Inger Andersen s’articulent notamment autour d’une remise à plat du modèle de production à l’échelle du globe, un modèle encore dépendant des industries fossiles aujourd’hui. La relance verte post-Covid, telle qu’elle est imaginée par le PNUE, s’appuie sur un modèle industriel libéré du joug des sources d’énergie fossiles. L’organisme recommande entre autres de :

  • Renforcer le soutien étatique des infrastructures et des technologies zéro émission.
  • Réduire graduellement l’appui financier aux industries fossiles.
  • Interdire la construction ou le développement de nouvelles usines à charbon.
  • Investir massivement dans la reforestation et la restauration de l’écosystème.

Ces ambitions « vertes » doivent évidemment s’accompagner de mesures politiques et financières adaptées. Aujourd’hui, les fonds consacrés à la relance verte représentent à peine 3 % du PIB des pays du G20, une proportion encore insuffisante selon le PNUE.

 

 urgence reduction GES

L’ONU martèle l’urgence extrême de la réduction des émissions carbone

Dans son discours prononcé à l’ouverture du Sommet Ambition Climat en décembre 2020, le secrétaire général de l’ONU a exhorté les États à prendre des décisions fortes en faveur de la réduction de leurs pollutions. Antonio Guterres leur demande même de décréter l’état d’urgence climatique jusqu’à ce que la neutralité carbone soit atteinte.

 

Un aveu d’échec de l’Accord de Paris

L’Accord de Paris, signé par 195 pays membres au sortir de la COP21, s’est donné comme objectif de limiter la hausse des températures en deçà de +2 °C et si possible, contenir le réchauffement à +1,5 ° C par rapport à l’ère pré-industrielle d’ici la fin du siècle. 

Pour atteindre cet objectif, les signataires se sont engagés en grande pompe à réduire massivement leurs émissions de gaz à effet de serre. Cinq ans après la conférence parisienne, l’ONU constate l’échec de l’accord

D’après son secrétaire général, Antonio Guterres, la majorité des pays signataires de la convention n’ont pas pleinement respecté leurs engagements. Il estime de fait qu’il y a urgence à rattraper ce retard et à accélérer la diminution des émissions de CO2. Le chef de l’ONU exhorte ainsi les nations à réduire leurs émissions de 45 % en 2030 par rapport aux repères de 2010.

Sans doute conscients de leurs manquements, plusieurs États ont annoncé publiquement la révision de leurs objectifs de réduction d’émissions de CO2 dans les jours précédant le « Sommet ambition climat » de décembre 2020. Le Royaume-Uni, par exemple, dit vouloir éliminer 68 % de ses émissions carboniques d’ici 2030. Le gouvernement britannique s’engage en outre à stopper « dès que possible » les mesures de soutien de son pays aux projets d’énergie fossile à l’étranger. Boris Johnson, lui, déclare sur le ton du rassemblement que tous les pays peuvent s’associer pour user des nouvelles technologies dans les efforts de préservation de la biosphère marine et terrestre.

 

De grandes promesses pour la Chine et l’Europe

La Chine, qui occupe la première place des pays les plus pollueurs, a aussi pressenti l’appel de l’ONU. Ainsi, la veille du discours d’Antonio Guterres, le président Xi Jinping annonce son intention de conduire son pays à la neutralité carbone à l’horizon 2060. Le président du Parti communiste promet aussi de porter la part des énergies non fossiles à 25 % de la consommation totale du pays. Cette part plafonnait à 15,3 % fin 2019. L’autre mesure phare dévoilée par la Chine consiste en une division de plus de la moitié de l’intensité carbone d’ici 2030. Cette valeur correspond au taux des émissions de dioxyde de carbone par rapport au PIB.

Les États européens ont aussi revu à la hausse leurs ambitions climatiques à l’approche de ce sommet. L'UE s’attend désormais à une réduction de ses émissions carboniques d’au moins 55 % en 2030 par rapport à 1990. Cette barre était fixée à 40 % dans les Accords de Paris. Si ce palier est franchi, le groupe des 27 espère parvenir à la neutralité carbone dès 2050. Encore faut-il que ces grandes projections s’accompagnent de politiques économiques et environnementales concrètes, adossées à des sources de financement pérennes. Sur ce point, les plans dévoilés par les pays européens révèlent pour le moment très peu d’indices sur la manière dont ils comptent concrétiser ces objectifs de réduction d’émissions de CO2.

 

L’état d’urgence climatique pour sensibiliser l’opinion

La révélation de ces bonnes intentions des principaux émetteurs de GES à la veille d’un sommet crucial dédié au climat n’a rien du hasard. L’ONU, quoique réceptive à ces annonces, ne modifie pas pour autant son discours. Par la voix de son secrétaire général, l’institution exhorte tous les pays du monde à décréter l’état d’urgence climatique, et ce, jusqu’à ce qu’ils atteignent la neutralité carbone. Soit jusqu’en 2060 pour la Chine et jusqu’en 2050 pour l’Europe, si toutefois ils tiennent leurs engagements.

Peu importe qu’il s’agisse d’une simple déclaration choc ou d’une véritable exhortation, les mots de M. Guterres ont fait leur effet chez les participants au Sommet Ambition Climat. Cette réunion en visioconférence a rassemblé des centaines de représentants des peuples indigènes, de la société civile, des grandes entreprises de la tech comme Apple et des chefs d’État et de gouvernement. 

Les participants ont convenu de formuler des objectifs plus réalistes et plus ambitieux en faveur du climat, à l’approche de la prochaine COP26 qui aura lieu à Glasgow en novembre 2021.

 

Annonce en Europe 

L’Union européenne relève ses objectifs climatiques de 2030

Décembre 2020 à la veille du cinquième anniversaire de l’Accord de Paris, le groupe des 27 est parvenu difficilement à conclure une entente au sujet d’une réduction plus conséquente des émissions de carbone à l’horizon 2030. La transcription de ces objectifs en mesures concrètes demandera encore beaucoup de négociations et d’efforts de la part des gouvernements de l’UE.

Moins 55 % d’émissions de GES en 2030

C’est le chiffre clé à retenir de cet accord entre les 27 pays de l’Union européenne : d’ici 2030, le bloc envisage de réduire de 55 % ses émissions de gaz carbonique par rapport aux niveaux de 1990. Cette cible dépasse de 15 % l’objectif actuel de -40 % à la même échéance, mais reste légèrement inférieure aux -60 % demandés par le Parlement européen. L’UE se félicite malgré tout de cette entente, qui placerait l’Europe dans le peloton de tête du combat contre le réchauffement climatique.

Cet objectif intermédiaire devrait conduire l'Europe sur la bonne trajectoire menant vers la neutralité carbone tant attendue en 2050. La cible nouvellement définie par la Commission doit maintenant intégrer la loi climat européenne, sur laquelle les eurodéputés et les États membres travaillent depuis quelques mois. Vient ensuite la transposition de l’accord en mesures concrètes, proportionnelles aux capacités économiques et financières des États membres, une étape qui s’annonce périlleuse.

 

Une transition parsemée d'obstacles

Si la transition vers une économie plus verte et écologique est déjà en marche dans les pays du Nord et de l’Ouest, elle représente un plus grand défi pour les nations les plus pauvres du groupe des 27. Les pays d’Europe centrale et de l’Est ont d’ailleurs annoncé la couleur, en bloquant les négociations pendant 8 heures dans la nuit du 10 au 11 décembre. 

La Pologne, notamment, craint que ce nouvel objectif soit trop contraignant pour son économie et son secteur énergétique, qui dépend encore à 80 % des centrales au charbon.

La sortie du charbon étant justement l’une des priorités de l’accord, la Pologne a exigé des garanties sur la bonne répartition de l’effort de réduction des émissions carboniques. 

Avec la République tchèque et la Hongrie, la Pologne a aussi réclamé plus de fonds européens pour soutenir la transformation « verte » de son industrie de l’énergie. 

Varsovie et Budapest ont aussi obtenu que la prochaine loi européenne sur le climat fasse l’objet de consultation au niveau des dirigeants européens, avant sa promulgation.

 

Novembre 2020 

Relance : 40 % du budget de l’Europe en faveur de la biodiversité et du climat, mais...

Le Parlement européen est souvent le théâtre d’interminables débats entre les eurodéputés lorsque le sujet tourne autour des finances. En juillet, les discussions étaient longues avant de s’accorder finalement sur les 750 milliards d’euros nécessaires à la relance économique post-Covid sur le Vieux Continent, un budget couvrant la période 2021-2027.

Les commissions parlementaires des affaires économiques et du budget ont voté il y a quelques jours. Sur ces 750 milliards, des prêts et des subventions de 672,5 milliards d’euros seront affectés au mécanisme de reprise et de résilience, sur lesquels 40 % seront dédiés au climat et à la biodiversité.

La décision des parlementaires doit être accueillie avec enthousiasme. Cette proportion destinée aux investissements « verts » est en effet significative, d’autant plus qu’elle va au-delà des 30 % initialement fixés lors des précédentes sessions.

Certaines ONG environnementales haussent tout de même la voix. Elles indiquent que la distribution de ces financements reste pour le moment encore floue. Elles condamnent notamment qu’une partie de ce budget pourrait malheureusement financer des projets hydrocarbures, notamment gaziers, ceux-ci faisant encore partie des dépenses potentiellement réalisables via le fonds de relance européen.

 

(Septembre 2020) annonce ONU, 1er minitre UK, Ecosse

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et le Premier ministre britannique, Boris Johnson appellent à une table ronde le 12 décembre prochain, jour du cinquième anniversaire de l’accord de Paris. 

Un événement qui verra la participation des « dirigeants mondiaux les plus ambitieux sur le climat », en avant-première de la COP26 de Glasgow en novembre 2021. 

Lors d’une tribune à Le Monde, la première ministre écossaise Nicola Sturgeon a pris l’engagement d’une démarche de neutralité carbone d’ici 2045.

 

Vers une réduction de - 60 % des émissions de GES en Europe en 2030

Grand objectif que celui de contenir la hausse de la température à 1,5° C en 2100 fixé par les Accords de Paris de 2015. Les États du monde entier sont à pied d’œuvre pour y parvenir et l'Europe accélère son mouvement. 

À court terme, la diminution des émissions de GES devrait ainsi être portée à - 60 % en 2030, soit davantage que la baisse fixée initialement de - 40 %. Cette décision repose sur une validation par le Parlement européen dans les semaines à venir.

 

Parlement européen : renforcement des objectifs 2030 en Europe

Le changement climatique et ses effets néfastes sur l'environnement sont un danger permanent menaçant la planète. 

Pour mieux répondre à cette urgence, les pays de l'Union Européenne sont réunis autour d'un objectif ambitieux : accéder à la neutralité carbone en 2050

Parvenir à une telle échéance implique de diminuer les émissions de gaz polluants sur le continent dès 2030 de - 40 % par rapport à leur niveau de 1990, selon les objectifs prévus initialement dans le cadre d’action en matière de climat et d’énergie adopté par le Conseil européen en 2014.

Un nouveau revirement est néanmoins constaté. L’objectif de neutralité en 2050 est en effet loin d’être acquis, au vu de l’accélération actuelle de l’augmentation des températures consécutive à la hausse constante des émissions de GES dans l’atmosphère, comme le rappelle le secrétaire général de l'ONU dans une tribune ou il incite les états à se grouper et ou il déclare que la crise climatique sera bien plus grave que la pandémie de Covid 19.

 

Accélération de l'augmentation des températures - Infographie Julie Blanc

 

L’objectif à court terme ciblé à l'horizon 2030 devrait ainsi être révisé. Il serait désormais porté à - 60 %, selon l’une des dernières décisions de la commission environnement du Parlement européen

Cette révision correspond aux ambitions des dirigeants des pays d’Europe, qui souhaitent faire du Vieux Continent, le premier à accéder à la neutralité carbone.

Même si cette résolution émanant d’une commission de parlementaires européens est déjà votée, elle est toujours en cours d’adoption et une validation en séance plénière devra statuer d'ici début octobre. 

Cette récente décision parlementaire épouse d’ailleurs les visions de la présidente de la Commission européenne autour des actions à réaliser pour parvenir à la neutralité carbone.

Ursula von der Leyen avait en effet par le passé déclaré que l’objectif de diminution des émissions de GES en 2030 dans l’Union devait être révisé à la hausse dans la fourchette de - 50 à - 55 % afin de mieux renforcer les actions pour atteindre la neutralité climatique en 2050.

 

(21 avril 2021) Union Européenne : réduction de 55 % d’émissions nettes de CO2 à l’horizon 2030

Les parlementaires européens et les dirigeants des pays membres de l’Union européenne ont tranché. Après de longs et intenses débats, membres du Parlement et représentants des États ont fixé une baisse nette de 55 % des rejets de CO2 en 2030

La décision fait bien sûr la satisfaction des uns, mais pour d’autres, cette résolution laisse toujours entrevoir le manque d'ambition climatique des Européens.

Il y a un peu plus de 6 mois, le Parlement européen imposait à l'Union européenne de réduire d'au moins 60 % ses émissions de carbone en 2030. 

Depuis, le sujet n'a bénéficié d'aucune progression, de nombreux pays ayant marqué des hésitations, laissant même penser que l'ambitieux objectif tomberait une fois encore aux oubliettes.

Près de 15 heures de pourparlers ont été nécessaires pour que la teneur d’un nouvel accord de principe reçoive l'approbation de toutes les parties concernées. Comme pour donner le ton avant la célébration officielle du jour de la Terre, cet accord provisoire stipule que :

l’Europe devra baisser de 55 % ses rejets de carbone d’ici à 2030 par rapport au taux de CO2 émis en 1990.

 

La « loi climat » en gestation

Cette nouvelle décision sera ratifiée dans une prochaine « loi climat ». L'accord prévoit notamment une réduction « nette » des émissions de CO2, c'est-à-dire que l'évaluation des objectifs intègre dans ses calculs une compensation des rejets à travers les puits de carbone naturels, à l'instar de l'accélération des programmes de reforestation par exemple.

Plusieurs eurodéputés n'ont pas manqué de souligner leur satisfaction à la suite de cet accord de principe, certains mentionnant même le moment comme historique. Ce nouveau pacte a en effet la particularité d'être juridiquement contraignant, même si dans la pratique aucun État n'y est soumis individuellement. 

Du côté des organisations environnementales et des eurodéputés élus sous la bannière des partis verts, cette résolution dénote un manque d'ambition des 27 pays européens en matière de politique climatique. 

L'application d'une contrainte collective à l'ensemble des États membres ou encore le format de réduction « nette » intégrant les compensations via les puits de carbone sont ainsi pointés du doigt. Ces démarches pourraient induire d'autres effets, comme celui de limiter la diminution des émissions imposée aux secteurs les plus polluants.

 

Corée du Sud et Japon (annonce octobre 2020)

Le président de la Corée du Sud Moon Jae-in ainsi que le premier ministre japonais Yoshihide Suga ont annoncé que leurs pays feraient leur possible pour atteindre la neutralité carbone d'ici 2050.

 

Chine (Annonce en Septembre 2020)

L’annonce par Pékin lors de l’assemblée générale de l’ONU de commencer à réduire ses émissions de CO₂ d’ici 2030 pour atteindre la neutralité carbone avant 2060, a suscité bien des réactions. 

Serait-ce un mea-culpa de Xi Jinping dont les émissions de gaz à effet de serre de son pays ont bondi de 55 % en dix ans, avec 10 milliards de tonnes de dioxyde de carbone en 2018, le double de celui des États-Unis. 

Selon Li Shuo, climatologue à Greenpeace China, les mesures sur le climat prises par le Président Chinois interviennent dans un cadre géopolitique visant à discréditer son homologue américain qui s’est retiré de l’accord international de Paris en décembre dernier.

 

De nombreux problèmes liés à ces négociations sont à noter :

  • Les accords trouvés n'engagent pas les états !
  • Aucune action ne peut être menée contre un état qui ne respecte pas ses engagements !
  • Certains états peuvent même sortir d'un accord de façon unilatérale à l'instar de Trump qui a engagé le retrait officiel des Etats-unis de l'accord de Paris sur le climat.

 

Réagissez :

  • Selon vous, quelles mesures sont les plus adaptées pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ?
  • Croyez-vous en l'eficacité de ces négociations climatiques ?

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