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Feux de forêts, incendies et réchauffement climatique

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Feux de forêts, incendies et réchauffement climatique

Par la rédaction

Le 16/10/2020 et modifié le 03/09/2021

Dans de nombreux endroits du globe, les flammes ravagent les forêts. L'Australie a fait la Une de tous les médias il y a quelques mois, en raison des incendies sans précédent détruisant des centaines de milliers de kilomètres carrés. 

Ces dernières semaines, la période estivale dans l'hémisphère nord voit également l'apparition de son lot de feux de forêt. 

La Sibérie, la Californie, le brésil et la France sont notamment concernées. Des liens existent entre ce phénomène et le réchauffement climatique.

Sibérie : des millions de km² de forêts en proie aux flammes

L'antenne russe de l'organisation environnementale Greenpeace relaie depuis quelques semaines à travers les médias et les réseaux sociaux la gravité des feux de forêt se déroulant actuellement dans le pays. 

La Sibérie est touchée par le phénomène, avec une surface équivalente à la Grèce en proie aux incendies. 

L'inaction des responsables gouvernementaux est critiquée par l'organisation pour leur manque d'initiatives alors que des vagues de chaleur record propices aux feux de forêt sont constatées.

Selon l'analyse de données satellitaires, Greenpeace Russie rapporte qu'environ 19 millions d'hectares de forêts, de steppes et de champs brûlent à travers la Sibérie depuis janvier. Même si les feux de forêt sont devenus un phénomène récurrent chaque année dans cette partie de la Russie, la chaleur record des dernières semaines intensifie les dégâts. 

L'antenne russe de l'organisation environnementale souligne ainsi que même si les feux se produisent dans des zones reculées, les fumées nocives se répandent dans les agglomérations et les lieux habités. 

La foudre serait à l'origine d'une certaine partie de ces incendies, mais d'autres seraient également causés par des feux allumés par les hommes.

 

Australie : état d'urgence en raison d'incendies dévastateurs

Le début de cette année a été intense dans l'hémisphère sud, notamment en Australie. Dans cette partie de la planète, la période estivale propice aux feux de forêt s'étend de décembre à février. La saison reste ainsi dans les mémoires, en raison des importants incendies ravageant une surface équivalente à celle de la Corée du Sud.

Dès novembre 2019, le gouvernement australien a déclaré l'état d'urgence, constatant des dizaines de départs d'incendie en Nouvelles-Galles du Sud. Rapidement, ces feux de forêt se sont propagés dans les États voisins pour devenir l'un des phénomènes les plus dévastateurs jamais enregistrés. Une superficie de plus de 100 000 km² est en proie aux flammes, causant plus d'une trentaine de décès et endommageant et détruisant plusieurs milliers d'habitations.

La fumée causée par ces incendies est devenue un autre désastre. Dès le 1er janvier, la capitale australienne a été au cœur d'un pic de pollution de l'air jamais connu jusqu'alors, avec un indice de qualité de l'air dépassant 23 fois le niveau requis

La fumée a même atteint la Nouvelle-Zélande, pourtant située à plus 1 500 km du pays.

 

États-Unis : la Californie ciblée par des feux de forêt récurrents

Outre-Atlantique, la période estivale voit chaque année plusieurs hectares de ses forêts disparaître en raison des incendies. Il y a quelques jours, une zone s'étendant sur une superficie de plus de 8 000 hectares est ainsi concernée, près de Beaumont, une ville du sud de l’État. L'incendie profite de la présence d'une végétation épaisse et d'une absence de précipitations pour s'étendre rapidement.

De nombreuses raisons peuvent expliquer la récurrence des feux de forêt dans cet État américain. En Californie, les incendies sont d'ailleurs dévastateurs, entraînant généralement le déplacement de milliers de personnes en raison de leur gravité et de leur violence. 

Les facteurs météorologiques comme le manque de précipitations et l'augmentation de la température favorisent les conditions pour la propagation des feux de forêt californiens. 

Les vents forts soufflant de l'air chaud depuis l'intérieur des terres vers la région californienne attisent davantage ces incendies, décuplant leur intensité et les rendant très difficiles à maîtriser.

 

France : incendies de forêt suite aux pics de chaleur

Chaque année, la France est également la cible des feux de forêt à l'approche et au cours de la période d'été. Les mois de juillet et août sont ainsi des périodes au cours desquelles les incendies sont nombreux. 

Dans le Loiret ou en Gironde, au moins 500 hectares d'espaces naturels partent en fumée et dans les Pyrénées-Atlantiques, plus de 150 hectares de forêt sont en proie aux flammes à la fin du mois de juillet.

Ces incendies ne sont qu'une illustration des nombreux autres qui sont recensés désormais sur tout le territoire chaque été et non plus sur certaines parties seulement. La sécheresse et la chaleur importante des mois d'été accentuent la sensibilité de la végétation aux feux. 

En France, la température moyenne est en effet anormalement élevée, favorisant l'ampleur des feux de forêt. Selon Météo-France, le mercure affiche des augmentations en continu depuis les 12 derniers mois, avec un excédent thermique d'environ 1,8°C par rapport aux références constatées entre 1981 et 2010.

 

Amérique du Sud : incendies à répétition en Amazonie et dans le Pantanal

Diffusées régulièrement dans les médias, les images fortes des incendies touchant la partie brésilienne de l'Amazonie créent un choc. 

La plus grande étendue de forêt du monde est en effet en proie aux flammes et à la déforestation. La situation tend à se généraliser, car elle se répète désormais tous les ans et tend même à s'amplifier.

Les chiffres dévoilés par le Fonds mondial pour la nature au sujet des incendies en Amazonie donnent une idée de l'ampleur de la catastrophe. Sur les 11 mois qui précèdent juillet 2019, un peu plus de 10 000 km² de forêt sont dévastés selon le WWF, soit l’équivalent de la superficie de l'Île-de-France. Le responsable de cette destruction massive de la nature est identifié : l'homme et ses activités.

Les activités anthropiques sont en effet devenues aujourd'hui le principal fléau pour la forêt amazonienne. La quête de croissance et de productivité incite les agriculteurs, les éleveurs et autres acteurs de l'industrie minière à accaparer davantage de terrains pour les exploiter. 

Leur solution est dès lors simple : éliminer l'ensemble de la couverture végétale primaire afin de profiter aisément des sols. Pour y parvenir, les exploitants locaux coupent tout d'abord les arbres afin de vendre le bois puis procèdent à une mise à feu des broussailles et autres espèces végétales inutilisées afin de rendre les terres arables ou pour en extraire des minerais.

Outre l'Amazonie, le Brésil voit également un autre de ses patrimoines naturels en prise aux flammes. Dans le centre-ouest du pays, la situation de la plus grande région humide du monde inquiète de nombreuses organisations mondiales. 

Les feux de forêt s'étendent en effet dans la vaste plaine de plus de 150 000 km² du Pantanal. Au cours des 20 premiers jours du mois d'août 2020, plus de 8 000 foyers d'incendie sont détectés par l'Institut national brésilien de recherche spatiale dans cette zone dans laquelle foisonnent des lacs, des marécages et des lagons. 

Par rapport à la même période un an auparavant, les départs de feu progressent ainsi de + 205 %, une véritable menace pour ce haut lieu mondial de la nature.

 

Feux de forêt et incendies : le climat impacté

Les feux de forêt émettent du dioxyde de carbone et d'autres gaz à effet de serre contribuant à réchauffer la planète aujourd'hui, mais aussi pour le futur. 

Ces incendies détruisent les forêts qui, autrement, élimineraient le CO2 de l'atmosphère. Ces phénomènes rejettent aussi des éléments polluants comme la suie et d'autres particules organiques volatiles dans l'air, ayant des effets complexes étant en partie à l'origine du dérèglement climatique. 

Certains scientifiques quantifient en effet à environ 8 milliards de tonnes les émissions de carbone issues des incendies de forêt au cours des 20 dernières années, alors que l'ensemble des rejets en 2017 avoisine 32 milliards de tonnes indique l'Agence internationale de l'énergie.

Les feux de forêt sont des phénomènes naturels. Aujourd'hui, leur apparition devient néanmoins très fréquente en raison de plusieurs facteurs. 

D'un côté, certains incendies sont causés par l'Homme pour ses besoins ou par accident, avec des conséquences dévastatrices sur l'environnement. 

De l'autre, la sécheresse et la rareté des précipitations dans certaines zones entraînent également leur apparition.

Au fur et à mesure que ces incendies se multiplient chaque année, la couverture forestière se réduit. Un cercle vicieux apparaît ainsi en raison de la diminution des surfaces mondiales de forêts en raison des incendies. 

Cercle vicieux d'emballement des températures - Infographie Julie Blanc

 

Alors que l'une de leurs fonctions est de capter et de retenir le CO2, les arbres sont détruits par les flammes en rejetant dans l'air leur stock de dioxyde de carbone. 

L'atmosphère est ainsi davantage chargée en gaz polluants, augmentant davantage les températures globales, une condition favorable à l'apparition des incendies. Le réchauffement des températures cause donc plus de feux de forêt, entraînant le dérèglement climatique qui lui-même est l'une des sources de ces incendies.

Chacun peut agir directement pour modifier cette situation. Lorsque l'ensemble de la collectivité réduit son impact carbone, les émissions de GES doivent diminuer, ralentissant le dérèglement climatique. 

En optant pour des solutions moins gourmandes en énergie, et en sensibilisant ses proches à faire de même, chacun a ainsi la possibilité de faire des actions en faveur de l'environnement, dont les effets pourraient être la réduction des feux de forêt.

 

Des records d'incendie durant l'été 2021

L'année 2021 a été marquée par une augmentation des feux de forêt à travers le globe, principalement en Méditerranée, en Californie et en Sibérie, détruisant près de 16 millions d’ hectares de végétation. 

En Sibérie, les brasiers suite à une hausse anormale des températures ont conduit à la disparition de plus de 16 millions d'hectares de forêts.

Alors que les températures ne cessent d'augmenter, il est désormais urgent d'agir contre le réchauffement climatique pour limiter les risques d'incendie.

 

Les régions les plus touchées par les incendies en 2021

Durant cet été, près de 187 114 incendies se sont déclarés à travers la planète selon les données recueillies par les satellites de la NASA le 8 août 2021. 

De nouveaux tristes records ont été atteints par rapport à 2020, dont le nombre d'incendies s'élevait à 138 680. 

Plusieurs incendies d'envergure se sont déclarés dans le bassin méditerranéen, plus précisément en Italie, en Grèce, en Algérie et en Turquie. La Sibérie était également en proie aux feux de forêt, dont la fumée a traversé plus de 3000 km depuis le Iakoutie pour rejoindre le Pôle Nord, une première dans l'histoire

Les États-Unis ont également connu une vague d'incendies, en particulier le « Dixie fire » qui a dévasté la Californie et dont la taille a surpassé la superficie de Los Angeles (1300 km2). Une grande partie de l'ouest des États-Unis a notamment été frappé par des épisodes de sécheresse extrême, favorisés par l'absence de précipitations depuis deux ans, contribuant aux départs d'incendies mortels. 

Selon les études menées par le GIEC, la Californie a perdu plus de 200 000 hectares de végétation suite au passage du « Dixie fire ». 

Les études ont également démontré une augmentation des feux de forêt en Amazonie par rapport à l'année précédente. 

Faut-il attendre que la Terre devienne une véritable boule de feu pour prendre les mesures qui s'imposent ?

 

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