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Les océans profonds en danger

ocean profond - image par public domain pictures

Planète

Les océans profonds en danger

Par la rédaction

Le 17/06/2021 et modifié le 17/06/2021

La destruction de la biodiversité s’étend bien au-delà des écosystèmes terrestres. Même si la faune et la flore marine des océans profonds sont encore méconnues, elles souffrent également de l’exploitation déraisonnée de l’homme

Dans l’espoir d’inverser la tendance, plusieurs scientifiques appellent à la signature d’un traité mondial de protection de la biodiversité en haute mer.

 

Un défi problématique, mais urgent

En 2015, les Aires marines protégées ou AMP représentent 3,4 % de la surface des océans, selon les estimations de la WWF. Ce chiffre est totalement dérisoire quand on sait que les mers et océans couvrent plus de la moitié de la superficie de la planète. Ces AMP se concentrent essentiellement autour des zones côtières et des territoires dépendants d’une nation membre de l’Organisation maritime internationale, (OMI).

Les océans profonds sont très peu pris en compte. Résultat : seul 1% du territoire situé en haute mer bénéficie d’une protection sous le statut d’AMP. Et encore, on ne parle pas de l’inefficacité des systèmes de surveillance et des réglementations dans ces zones. 

On estime que 1/10 seulement de ces espaces classés AMP sont réellement protégés, le reste étant exposé à la surexploitation des pêcheurs, aux braconniers et aux pollutions en tout genre.

Les scientifiques, dont des océanographes, des biologistes marins, des climatologues et des chercheurs estiment qu’il faut aller plus loin et protéger beaucoup plus de surface océanographique. L’ONG Greenpeace estime également que les États membres de l’OMI ont la responsabilité de protéger au moins 30 % des océans d’ici 2030.

Sans cette mesure radicale, les habitats marins et la biodiversité en haute mer s’exposent à une destruction aussi rapide que catastrophique. Certains chercheurs prévoient même que, sans un virement radical dans le modèle d’exploitation des océans profonds, les espèces de poissons et autres animaux marins que l’on a l’habitude de consommer se rapprocheront d’une probable disparition dès 2050.

 

Des intérêts convergents pour la protection de la haute mer

Les pouvoirs politiques, les entreprises et les populations se rejoignent depuis plus d’une décennie sur la nécessité de mieux protéger les océans profonds. Malgré ce consensus, les parties prenantes échouent à trouver un compromis concernant la mise en œuvre des AMP en haute mer, la répartition des contributions financières et les réglementations à appliquer, entre autres. 

La principale source de friction vient de l’absence de gouvernance dans ces territoires situés à plus de 200 milles marins des côtes. 

Les règles maritimes internationales stipulent en effet qu’au-delà de ces limites, les océans profonds n’appartiennent à personne.

Tout le monde est donc libre d’y naviguer et d’exploiter toutes les ressources qui y sont disponibles : poissons, organismes marins, hydrocarbures, etc. Dans ces conditions, les gouvernements peinent à trouver la parade leur permettant de signer un traité de protection de la biodiversité en haute mer. 

Pour y remédier, des pays suggèrent d’identifier en premier lieu toutes les zones d’intérêt, qui peuvent potentiellement devenir des Aires Marines Protégées en raison de leur riche biodiversité ou de la fragilité de leurs écosystèmes. L’identification de ces territoires pourrait aider dans la réflexion autour de mesures juridiques contraignantes indissociables de l’instauration d’une AMP.

La WWF, elle, adopte une autre stratégie depuis 2015. Au lieu d’insister sur les pertes économiques, financières et sociales – au demeurant énormes – consécutives à la destruction de la biodiversité en haute mer, l’organisation attire l’attention sur les bénéfices que les États peuvent tirer de la préservation de ces territoires. 

D’après l’institution, la protection des ressources des océans profonds pourrait créer 180 000 emplois et générer jusqu’à 920 milliards de dollars de bénéfices d’ici à 2050. 

Ces résultats sont conditionnés à l’extension des AMP à 30 % de la surface des océans.

 

Un appel général adressé aux Nations Unies

Face aux enjeux et aux défis de la protection de la haute mer, plusieurs scientifiques et ONG se sont regroupés pour appeler les Nations Unies à réformer le système actuel de gouvernance des océans, une organisation manifestement inefficace contre la surpêche, les trafics, la pollution et l’exploration minière en haute mer.

Ce collectif réclame la poursuite et le renforcement de discussions au plus haut niveau à propos d’un traité international de protection de la biodiversité marine. La pétition lancée par ces scientifiques comporte des recommandations claires et concises sur le contenu et les objectifs de cet accord international. 

Selon eux, le traité doit être soutenu par une institution solide, constituée entre autres d’une division administrative, d’un organe décisionnel et d’un comité scientifique qui intervient dans toutes les prises de décision.

La transparence sera la clé du succès de ce futur traité. Depuis son lancement, la pétition a recueilli les signatures de centaines de personnalités de la communauté scientifique mondiale et d’encore plus d’étudiants et de simples citoyens attachés à la conservation des écosystèmes marins. 

Vous souhaitez donner votre voix à cette cause et, peut-être, pousser les dirigeants des Nations Unies à se pencher sérieusement sur la question ?  Apportez votre soutien sur cette page.

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