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Stop à la déforestation importée !

Soja deforestation importée - Image par Brian Montenegro

Planète

Stop à la déforestation importée !

Par la rédaction

Le 21/06/2021 et modifié le 15/10/2021

La déforestation, longtemps problématique, a été plus ou moins résolue en France. Certaines régions ont même réussi à augmenter leur couverture forestière ces dernières années. En revanche, la question de la déforestation importée se pose toujours. Il est vraiment temps d’y remédier.

 

 Une inaction flagrante et honteuse

La France et l’Europe en général aiment se présenter en grands défenseurs de l’environnement. Elles mettent en œuvre des plans de sauvegarde de l’écologie et de la biodiversité, financés par l’argent du contribuable et par des fonds privés. Ces efforts ont permis d’entretenir et d’étendre les parcs naturels, les réserves naturelles et/ou spéciales ainsi que les territoires de conservation biologique sur le Vieux-Continent. Ces investissements ne masquent pour autant pas l’inaction flagrante des pouvoirs publics contre la déforestation importée.

Et pour cause, la France est encore lourdement dépendante du soja, une denrée dont la production se déroule dans des conditions environnementales déplorables. Emmanuel Macron a bien soulevé le fond du problème en 2019, en l’intégrant parmi les thèmes majeurs de sa communication durant le sommet du G7 qui s’est tenu à Biarritz. Le président a même reconnu la « complicité » de la France dans la catastrophe écologique qui se déroule en Amazonie, à cause de l’importation du soja et d’autres biens consommables.

Sous l’impulsion du président Macron, la France a mis en place la SNDI, une stratégie de lutte contre la déforestation importée. Dans cette feuille de route, il est question de mettre fin à ce problème à l’horizon 2030. Mais cette ambition française souffre de grosses lacunes de mesures de contrôle et d’application. 

La SNDI appelle en effet à la participation volontaire des entreprises, lesquelles doivent s’engager à réduire les importations de produits agricoles et forestiers non durables, qui contribuent à la déforestation en Amazonie, mais aussi dans le bassin du Congo et dans d’autres pays du globe.

La stratégie ne propose aucune alternative viable aux importateurs. Ces derniers continuent donc d’acheter en toute légalité des produits provenant de pays peu regardant envers les forêts. Rien qu’en 2020, la France a importé 2 millions de tonnes de soja brésilien, sans être en mesure de vérifier si ces denrées ont été produites dans le respect ou non de l’Amazonie.

 

L’empreinte écologique désastreuse du soja brésilien

Le soja brésilien illustre parfaitement les rouages malsains d’un système agricole industriel peu soucieux de la déforestation en Amazonie.

Sous le poids de l’industrialisation de l’élevage, la France achète d’énormes volumes de soja depuis le Brésil et d’autres pays d’Amérique du Sud pour nourrir son cheptel. Pour répondre à cette demande croissante, les grands producteurs brésiliens repoussent sans cesse les limites de leurs champs, en brûlant des millions d’hectares de forêt amazonienne.

Les écosystèmes du Grand Chaco et du Cerrado souffrent aussi de cette catastrophe. Et le mot est faible : entre 2000 et 2018, 8 % du plus grand complexe forestier au monde a été détruit, soit 513 016 km². 85 % de cette déforestation a lieu sur le territoire brésilien. 

Rien que sur l’année 2018, l’Amazonie enregistre 31 269 km² de surface déboisée en plus

Cette dégradation s’accélère à un rythme effarant depuis 2019 sous la présidence de Jair Bolsonaro, et ce, au mépris d’un moratoire en vigueur depuis 2006.

En plus de détruire une biodiversité riche et unique au monde, les monocultures de soja et de céréales au Brésil polluent massivement les sols. Les exploitants aspergent leurs champs et leurs pâturages de glyphosate et autres intrants chimiques fortement soupçonnés d’être cancérigènes. En Europe, l’importation de ces produits pénalise les agriculteurs locaux, soumis à des normes bien plus exigeantes. Finalement, c’est la souveraineté alimentaire des pays européens qui est mise en danger.

 

Mobilisons-nous contre la déforestation importée

Les animaux d’élevage français ont bien sûr besoin d’être nourris convenablement. On reconnaît aussi que les denrées importées sont souvent moins chères que les produits agricoles locaux. Ces avantages minimes justifient-ils pour autant le saccage de millions d’hectares de forêts chaque année ? 

Est-il vraiment éthique de détruire l’habitat naturel de millions d’espèces animales et végétales pour alimenter un système agricole déséquilibré et miné par le gaspillage ? 

La France peut-elle se targuer de protéger l’environnement et d’agir pour la Terre, et de soutenir en même temps une industrie agricole étrangère des plus destructrices ?

Greenpeace estime que cette hypocrisie a plus que duré. L’ONG mène cet été une série d’actions de sensibilisation et de manifestation contre toutes les pratiques assimilées à de la déforestation importée. Espérons juste que ces actions attirent l’attention publique sur le sujet et que le problème amazonien soit traité sérieusement par nos dirigeants. 

En attendant, chacun peut agir à son niveau : consommez local, limitez autant que possible votre consommation de viande et privilégiez les produits certifiés bio.

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