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Biodiversité : comment la protéger et pourquoi ?

biodiversité Image par Karl-Heinz Lüpke

Planète

Biodiversité : comment la protéger et pourquoi ?

Par la rédaction

Le 05/06/2020 et modifié le 27/10/2021

La biodiversité représente l’interaction entre les organismes vivants et les milieux naturels, une dynamique indispensable à la survie de la planète. Pourtant, cet écosystème se dégrade progressivement à cause de la surexploitation des ressources liée à l'activité humaine.

Prendre conscience de la fragilité de la biodiversité est un enjeu crucial afin de mieux la préserver.

Définition, la biodiversité, tissu vivant de la planète, 

Si la notion de « biodiversité » englobe les éléments qui constituent le vivant, sa définition reste assez complexe. La biodiversité désigne en effet la variété des organismes vivants - allant de la faune à la flore en passant par les bactéries - et des milieux naturels, mais aussi les différentes interactions entre les formes de vie elles-mêmes, et entre les organismes vivants et leurs milieux de vie. 

 

Quels sont les trois niveaux de la biodiversité :

Trois niveaux distincts, mais interdépendants composent d'ailleurs cette notion, dont :

La diversité des espèces

Ce niveau désigne les différentes espèces vivantes sur la planète, dont 80 % sont des organismes monocellulaires ou des organismes invertébrés de petite taille, et qui interagissent entre eux, ainsi qu'avec leurs milieux naturels.

La diversité génétique

La diversité génétique au sein d'une même espèce contribue à la distinction des caractères apparents d'un individu.

La diversité des écosystèmes

Elle permet d'identifier, d'observer et d'étudier chaque écosystème dont les forêts, les déserts et les océans qui possèdent chacun leurs spécificités.

Bien que la notion de biodiversité soit récente, elle est à l'origine d'une évolution de près de 3,5 milliards d'années depuis l'apparition des premiers organismes vivants.

L'humanité dépend des ressources de la planète pour sa survie, ses actions ont un impact sur les différents écosystèmes. Comprendre les liens existant dans le monde du vivant est donc essentiel pour limiter son empreinte écologique et préserver les espèces et les milieux qui constituent le patrimoine naturel de la Terre.

Schéma Biodiversité

À quoi sert la biodiversité ?

En raison des nombreux services qu'elle assure, la biodiversité représente davantage qu'un mélange hétéroclite d'êtres vivants et d'organismes naturels. Ces multitudes d'espèces forment un équilibre permettant aux écosystèmes d'apporter de nombreux bienfaits indispensables aussi bien pour l'Humanité que pour la planète.

 

Rôle de la biodiversité

L'importance de la biodiversité est essentielle, et sa valeur inestimable, compte tenu des services fondamentaux qu'elle fournit. La richesse du patrimoine naturel présent sur la planète apporte en effet des services écosystémiques irremplaçables :

- Réguler les milieux et atténuer les effets des aléas : les écosystèmes sont une protection contre les catastrophes et autres phénomènes naturels. Les régions forestières participent par exemple à la diminution des éboulements, des érosions et des glissements de terrain, quand les mangroves protègent un littoral des fortes vagues et des tsunamis.

- Approvisionner l'Homme : la nature fournit une partie immense des produits dont les hommes ont besoin. L'alimentation humaine est ainsi composée en grande partie de produits issus de la biodiversité, qui est également la source d'une part importante des médicaments, des matériaux pour la construction ou le textile, des combustibles, etc.

- Divertir et inspirer l'Homme : les milieux naturels et leur immense diversité forment une variété considérable de paysages divertissant et inspirant les hommes. L'ingénierie naturelle des écosystèmes est d'ailleurs une source d'inspiration infinie pour les chercheurs qui parviennent souvent à les adapter afin de créer des services utiles aux hommes. Les constructeurs parviennent par exemple à installer des surfaces déformables sur certaines parties des avions pour assurer de meilleures performances aérodynamiques, une propriété inspirée des poissons, des oiseaux et des mammifères marins.

- Produire des ressources et des services bénéficiant directement ou indirectement aux hommes : les écosystèmes assurent des services essentiels, comme la rétention de gaz carbonique, la production d'oxygène ou encore le cycle des nutriments ou celui de l'eau, dont dépend la continuité de tous les autres services écosystémiques.

 

Pourquoi la biodiversité est-elle en danger ?

Les actions humaines mettent directement ou indirectement en péril la biodiversité de la planète. L'utilisation de certains produits chimiques dans le cadre de l'agriculture menace par exemple d'extinction les pollinisateurs, comme les abeilles, dont les actions sont indispensables aux plantes pour se développer.

 

Augmentation population et températures - Schéma Julie Blanc

 

La destruction des forêts est un phénomène ayant pour effet la disparition de certaines espèces végétales et animales dont l'absence va nuire à l'écosystème global. La biodiversité est ainsi en danger en raison principalement d'une pression excessive exercée par l'Homme ; Préssion directement liée à l'augmentation du nombre d'humains qu'il y a sur terre.

 

Mammifères il y a 10 000 ans - Infographie Julie Blanc -

Reconstitution de la biodiversité : Un effort long de plusieurs millions d’années

La nature a besoin d’une période très longue pour régénérer sa biodiversité. 

Une étude scientifique présentée dans Communications Terre & Environnement s’est penchée sur la question. L’équipe réunissant géologues, biologistes et paléontologues a étudié plus de 3 000 espèces de gastéropodes présents dans les écosystèmes d’eau douce.

Avec une compilation de données couvrant les dernières 200 millions d’années, les scientifiques estiment que, suite à la dernière extinction de masse du Crétacé et la disparition des trois quarts des espèces sur Terre il y a environ 65 millions d’années, la période de reconstitution s’est étendue sur 6.9 millions d’années. 

À cette époque du Crétacé, la phase d’extinction de 75 % des espèces s’est déroulée lentement, sur 5,4 millions d’années.
Aujourd’hui, le contexte est bien plus préoccupant du fait du rythme très rapide d'extinction de la biodiversité.

Ces scientifiques redoutent en effet que d’ici la fin du millénaire, 75 % des espèces de gastéropodes d’eau douce aient disparu, selon leurs évaluations effectuées sur la base de la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature ou UICN.    

Pour plusieurs raisons, l’Homme doit donc contrôler ses actions en vue de la préservation de la biodiversité : l’une d'entre elles est d’épargner à la nature des efforts répétés sur des millions d’années pour reconstituer sa biodiversité dégradée par les actions anthropiques.

 

La biodiversité en danger en France

La vie sauvage et la biodiversité sont confrontées à de nombreuses menaces en France. Inimaginable, le déclin des espèces est pourtant une réalité selon les récentes observations de plusieurs organisations. Dans le cadre de la célébration de la journée mondiale de la vie sauvage, un état des lieux est réalisé autour des diverses menaces qui pèsent sur la biodiversité.

 

Hausse du nombre d'espèces menacées en France

Le troisième jour du mois de mars célèbre chaque année dans le monde la faune et la flore sauvage. 

Cet événement est une occasion unique pour rappeler au grand public et à toutes les parties prenantes les avantages de conserver la biodiversité. C’est également une journée dédiée à informer la population sur l’évolution des espèces.

En 2021, cette journée réunit l’Office français de la biodiversité, le Muséum national d’histoire naturelle ainsi que l’Union internationale pour la conservation de la nature autour de la Liste rouge des espèces menacées en France. Ce document précieux fait un état des lieux de la situation de nombreuses espèces et explique les menaces qui pèsent sur la faune et la flore en France depuis 2008.

Les études réalisées révèlent alors qu’en l’espace de 13 ans, un peu moins du cinquième des espèces observées est en danger

Plus précisément, 17,6 % des espèces sont menacées parmi les 13 842 étudiées. Les difficultés qui pèsent sur la biodiversité sont différentes selon la catégorie et le groupe observé. 

Par exemple 32 % des oiseaux nicheurs en France sont menacés ainsi que 28 % des crustacés d’eau douce et 23% des amphibiens.

Pire encore, depuis 2008, des événements irréversibles ont mené à la disparition de plusieurs espèces naturelles. Le document souligne ainsi que 187 espèces manquent désormais à l’appel, principalement en Outre-mer. Cette liste des espèces menacées et disparues pourrait par ailleurs s’allonger, mais faute de données suffisantes, aucune conclusion ne peut être annoncée pour le moment concernant 2 100 autres espèces.

 

Une gestion des territoires et des pratiques agricoles à revoir

Sans surprise, les actions initiées par l’Homme sont les principales responsables de cette perte massive et accélérée de la biodiversité en France. 

Par le biais de leurs représentants, les 3 organisations fustigent notamment l’aménagement du territoire, souffrant d’un manque flagrant de contrôle, une situation propice à la destruction de l’habitat naturel des espèces florales et faunistiques.

Les pratiques agricoles menées en France sont également une autre menace planant sur la biodiversité selon les 3 organisations. Depuis 2008, les techniques d’intensification sont de mise, se traduisant par exemple par un recours de plus en plus important à l’usage de pesticides. Le bilan de telles actions est ainsi sans appel, comme en témoigne la perte de près de 200 espèces en Outre-mer et en Métropole.

Les représentants des 3 organisations interpellent ainsi tous les acteurs concernés à opter pour des actions plus respectueuses de la biodiversité et de l’environnement. En changeant de braquet, ils ont l’opportunité d’agir en faveur de la conservation de la faune et de la flore.

Le Muséum national d’histoire naturelle, l’Office français de la biodiversité et l’Union internationale pour la conservation de la nature gardent néanmoins un certain optimisme. 

L’évolution globale de l’opinion publique sur les questions environnementales et l’effort initié pour la protection des espèces comme le bouquetin des Alpes ou le vautour moine sont des sources d’espoir.

 

La biodiversité marine

Les océans sont un formidable réservoir de biodiversité, peuplés de plus de 250 000 espèces marines connues et d'innombrables autres restant encore à répertorier. Les mers constituent d'ailleurs plus de 90 % de l'espace habitable sur la planète et rendent un service essentiel grâce à la rétention d'environ 26 % des émissions de CO2 anthropiques et la fourniture de 50 % de l'oxygène.

La biodiversité marine est ainsi essentielle à l'écosystème global de la planète et à l'Homme en particulier. Outre les services de base comme la captation du CO2 et la production d'oxygène, les océans sont également d'une aide irremplaçable depuis des millénaires. Aujourd'hui, des millions de personnes vivent en effet des ressources marines, grâce aux revenus issus des activités de la pêche et de l'aquaculture.

 

Écosystème Marin - Schéma Julie BLanc

 

Au-delà d'assurer la sécurité alimentaire et la bonne santé de la planète, la biodiversité marine est même considérée comme une source de bien-être social pour l'Homme. Les écosystèmes marins fournissent en effet une quantité innombrable de services, tel que, aujourd'hui, un peu moins de 40 % de la population mondiale vit à moins de 100 kilomètres d'un littoral et 50 % à moins de 200 kilomètres.

Dans ces régions proches des océans, la densité démographique est de 2,6 fois plus élevée que dans les zones à l'intérieur des terres précise l'ONU. Le bien-être social assuré par la biodiversité marine se reflète d'ailleurs sur le plan économique, car environ 61 % du produit intérieur brut total mondial provient des zones côtières localisées à moins de 100 kilomètres des océans.

Préserver la biodiversité marine est donc un enjeu capital pour un meilleur avenir de la planète et celui des générations futures. Les objectifs de développement durable appelant à l'action de toutes les nations intègre d'ailleurs des recommandations et des démarches spécifiques afin de garantir une meilleure conservation des ressources marines et leur exploitation de manière durable.

 

Menace sur la biodiversité marine

Sous l’effet de la hausse des températures et des gaz polluants, le pH moyen des océans diminue progressivement. Ce phénomène d’acidification n’est pas sans conséquence sur l’écosystème marin. Ce danger menace en particulier l’océan Pacifique et sa riche biodiversité.

Des mers acides dangereuses pour la biodiversité

On parle souvent du réchauffement des eaux de mer et de la pollution au plastique et l’acidification des océans passe souvent au second plan. Pourtant, ce problème bouleverse un pan entier de l’écosystème déjà fragile. 

Depuis le XIXe siècle, les océans connaissent une hausse de leur acidification de 28 % et celle-ci tend à s’accélérer selon les observations du GIEC

Dans le Pacifique, les conséquences de cette acidité sont particulièrement visibles à travers la population et la composition des coraux. Ces structures sous-marines servent de lieux d’accueil et de vie pour les mollusques qui puisent dans les ions carbonate de l’eau de mer pour développer leurs coquilles.

Sous l’effet de l’acidité, les ions carbonate deviennent plus rares et les coquillages ont de plus en plus de mal à fabriquer et réparer leur précieuse enveloppe. Leur métabolisme et leur système immunitaire s’en trouvent également affectés, tout comme leur mode de reproduction. 

Des recherches menées par des scientifiques français ont même révélé un dérèglement des capacités cognitives, des facultés locomotives et des aptitudes des mollusques à se nourrir correctement.

Les mers acides troublent également les poissons. L’augmentation de la concentration en CO2, liée à l’acidification des eaux, réduit leurs capacités olfactives, auditives et optiques. 

Les poissons détectent ainsi moins bien leurs proies et leurs prédateurs, et se déplacent plus difficilement dans leur environnement naturel. Sans ces aptitudes de bases, leurs mécanismes de survie sont altérés. Ces phénomènes sont observés chez plusieurs espèces, comme les poissons-clown du Pacifique et les bars.

 

L’océan Pacifique première victime

Dans le Pacifique, le fléau est encore plus menaçant, sachant que cet océan abrite plus des 2/3 des récifs coralliens de la Terre. La Grande Barrière de corail, au large de l’Australie, en fait partie, tout comme les récifs qui constituent le Triangle du corail entre la Papouasie-Nouvelle-Guinée et l’Indonésie, sans oublier les récifs de la Polynésie. 

Ces structures constituent un lieu de vie, de reproduction et de chasse pour des milliers d’espèces de poissons et d’organismes marins.

Leur détérioration bouleverse de fait l’équilibre déjà fragile de l’écosystème marin. 
Après une perte de biodiversité et un blanchissement massif, comme ceux de 2016 et 2017, les récifs coralliens du Pacifique demandent environ 15 ans pour se régénérer, si toutes les conditions sont réunies.

La préservation de cet environnement sensible est donc une priorité mondiale. La solution repose essentiellement sur la réduction des émissions de CO2, un défi majeur qui nécessite un changement radical de mode de vie, de modèle de production et d’énormes investissements dans des technologies moins polluantes.

 

 

Pourquoi protéger la biodiversité ?

La biodiversité constitue une source irremplaçable de matières premières essentielles à la vie de l'Homme (lorsque les interactions entre les diverses espèces avec leur milieu naturel sont préservées). Que ce soit pour la pollinisation, la fertilité des sols ou l'épuration naturelle de l'eau, chaque espèce vivante contribue au maintien du patrimoine naturel

 

Disparition des oiseaux - Infographie Julie Blanc - Schéma

 

L'extinction définitive d'une espèce pourrait avoir des conséquences majeures sur les autres formes de vie. La biodiversité est aujourd'hui menacée par les activités anthropiques (dues à l’homme), qui perturbent l'équilibre fragile des écosystèmes. Près de 1,8 million d’espèces animales et végétales sont inventoriées aujourd'hui sur environ 10 à 100 millions d'espèces dont l’existence est supposée.

L'étude menée par l’Union internationale pour la conservation de la nature ou UICN précise que 17 291 espèces animales sur 47 677 sont menacées de disparition ce qui en ferait une extinction de masse.

Si les espèces vivantes continuent de disparaître à ce rythme alarmant, la moitié des espèces connues actuellement pourraient s'éteindre d'ici une centaine d'années.

 

Espèces menacées - Schéma Julie Blanc

 

Outre la faune et la flore, les activités humaines sont également une menace pour les milieux de vie. 60 % des écosystèmes ont été dégradés au cours des 50 dernières années et deux tiers d'entre eux ont subi une importante surexploitation. Ces destructions d'écosystèmes sont à l'origine de nouvelles pandémies

Face à l'érosion de la biodiversité, mettre en place des actions concrètes est essentiel pour protéger les espèces vivantes menacées et limiter l'exploitation des écosystèmes.

Part des mammifères - Infographie Julie Blanc 

 

Comment protéger la biodiversité ?

La détérioration de la biodiversité résulte bien souvent des effets des activités humaines. Certains secteurs sont d'importantes sources de pollutions qui nuisent au développement des êtres vivants. Afin de préserver les écosystèmes et les espèces vivantes, certaines activités doivent être limitées, dont la déforestation qui entraîne la destruction des milieux naturels des végétaux, des animaux et autres organismes vivants. 

Le réchauffement climatique fait aussi partie des facteurs responsables de la dégradation de l'environnement. Réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) des activités comme le transport est donc nécessaire, tout comme opter pour les énergies renouvelables à la place des carburants fossiles dont la combustion génère des GES et des particules polluant l'atmosphère.

Se tourner vers l'agro-écologie est également une solution envisageable pour limiter l'impact de l'agriculture industrielle sur la biodiversité.

 

Préserver la biodiversité grâce à des actions individuelles

Alors que les activités humaines menacent la biodiversité, adopter des gestes écologiques au quotidien devient un acte civique pour préserver les espèces et les écosystèmes fragilisés. Chaque citoyen peut en effet agir en faveur de l'environnement en limitant ses activités dont l'impact écologique pourrait être important. 

 

Réduire empreinte carbone pour préserver la biodiversité - Infographie Julie Blanc

 

Pour mieux préserver la biodiversité, chacun peut intervenir en adoptant des éco-gestes :

– Opter pour des moyens de transports moins polluants comme le vélo, le bus ou le train.

Consommer des produits locaux et de saison, dont le mode de production et de transport ont un faible impact écologique.

– Limiter le gaspillage alimentaire.

Soutenir des associations en faveur de la protection des espèces menacées et des milieux naturels.

Les actions individuelles sont nombreuses pour limiter son empreinte écologique et préserver l'environnement. 

 

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